Une consigne, quelques sons émis dans une salle de cours et mon esprit vagabond. Je songe, j'imagine, j'illustre un moment qui n'existe pas encore. Le présent est ailleurs, dans une petite salle de cours, un amphi plus précisément, qui ne ressemble en rien à un amphithéâtre. Une petite extrade pouvant se référer à une scène faisant à peine 1m 50 de profondeur, sur lequel se tiennent un bureau et une chaise, le décor indispensable pour le rôle que joue celui qui tente de nous tenir conscient, présent, attentif, quand l'automne se fait encore beau et rayonnant. Les deux fenêtres qui donnent sur la rue Paul Broca aux huit carreaux par battant sont pour la plupart opaques et sales, ce qui n’empêche en rien la lumière de rentrer. Elle se diffuse silencieusement, rien ne se fait entendre, pas même le bruit des stylos sur les feuilles. Chut, on compose, on réfléchit, on songe. Le visage incliné sur les feuilles on compose. 24 étudiants installés délibérément un peu partout donnant face au tableau, fixé à hauteur raisonnable. Il a servi, pour indiquer une adresse et des mots. L'éponge laissée sur le plateau en bas du tableau, fait penser à ces années passées où école rimait avec éclat de rire.